Grand Entretien avec Jean-Christophe Rufin Escales du Livre de Bordeaux, 7 avril 2019

Jean-Christophe Rufin

Médecin, diplomate et écrivain ! Jean Christophe Rufin impressionne par la quantité de titres, tous plus honorifiques les uns que les autres, emblématiques d’un parcours professionnel riche et d’une personnalité ouverte sur les autres.
Ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, officier de la légion d’honneur, membre fondateur de médecins sans frontières, président d’action contre la faim, prix Goncourt en 2001 et membre le plus jeune de l’Académie française à son entrée en 2008

De la lecture…

Le reflet d’une enfance solitaire et ennuyeuse

La lecture chez Jean Christophe Rufin est le reflet d’une enfance solitaire et ennuyeuse élevé par ses grands-parents. Son goût prononcé pour la lecture est donc évasion.

La médecine, une grande glaciation de la lecture

Il s’agit d’un enseignement fondé sur la mémoire, l’apprentissage par cœur de kilomètres de symptômes et de tableaux cliniques. Bien que certains termes aient une portée romanesque, comme l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire qui étaient à cette époque décrits avec un certain lyrisme, la médecine est néanmoins étrangère à la littérature.

A l’écriture…

Les premiers écrits…des essais

L’expérience de l’humanitaire, son engagement comme médecin sur des zones de conflits l’ont conduit à examiner le rôle des ONG dans les pays en guerre, notamment dans son premier essai, Le Piège humanitaire (1986), un essai sur les enjeux politiques de l’action humanitaire et les paradoxes des mouvements « sans frontières ».
Chair, expérience, vie dans mes livres étaient décortiqués par ses étudiants de sciences politiques en deux parties, deux sous-parties. C’est ce dépeçage qui l’a amené vers le roman, affirme Jean Christophe Rufin

Le roman historique

Utiliser le décalage historique permet de détourner le serment d’Hippocrate, le secret médical qu’il ne pouvait pas retranscrire par l’écrit.

Première fiction, l’Abyssin

Médecin du Caire comme ambassadeur d’Ethiopie bercé dans l’amour, l’espoir. « L’optimisme est ma boussole à contrecourant de la mode. Je l’ai écrit à la main et juste heureux d’avoir mon tas de feuilles que j’ai donné à ma secrétaire qui tapait à la machine mes essais devenue heureuse de ce boulot. Elle osait me donner des conseils considérant que le héros mourrait trop tôt. C’est à sa réaction que j’ai osé penser que cette histoire pouvait plaire à un plus grand nombre. »

Jusqu’à Couche Brésil, Prix Goncourt en 2001

« Je ne suis pas un grand blessé du Goncourt comme d’autres aiment à le dire ». Il offre des lecteurs, la possibilité de se promener dans toute la France à la rencontre des lecteurs, de la France qui lit.

Membre le plus jeune de l’Académie

Un regret : c’est un titre qui se perd vite ! Après avoir renoncé à être juré du prix Goncourt, Jean Christophe Rufin entretient le secret espoir de devenir académicien. C’est lors d’un rdv avec Hélène Carrère d’Encausse – secrétaire perpétuelle de l’Académie française- en hiver en France pendant lequel elle indique combien elle souhaite renouveler l’académie en nommant des jeunes qu’il passe de l’espoir au désespoir. Le fauteuil Louis XVI et la température ambiante des palais de la République, bien loin des températures chaudes de Sénégal ont eu raison de son dos. Incapable de se lever, tous ses espoirs d’accéder à l’académie avaient fondu avec ce lumbago fulgurant.
« L’académie devait avoir d’autres critères ! », souffle Jean Christophe Rufin.

Sa source d’inspiration

Jean-Christophe Rufin réside les deux tiers de l’année à Saint-Nicolas-de-Véroce dans le massif du Mont-Blanc, où il s’enferme pour écrire durant l’hiver. J’écris seul l’hiver face à la montagne deux heures par jour.

Comment naissent ses livres ?

Clé de sol du livre : une couleur dominante, 1 ou 2 personnages et une image

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